Ricardo Bofill

25 décembre 2005

Bientôt...

Bientôt dans ce blog, la description d'une de ses plus impressionnantes réalisations à Noisy-le-Grand...

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Les logements parisiens de Ricardo

Bofill n'a créé que deux opérations immobilières à vocation d'habitat à Paris. La première est réalisée en 1985, dans le 14ème arrondissement et la seconde au coeur de la ZAC Rive Gauche en 2002.

Les logements sociaux Place de Catalogne, Paris 14ème, 1983 (métro Gaité)

A la demande de la SAGI, maître d'ouvrage, c'est Ricardo Bofill qui s'est chargé en 1985 de faire sortir de terre 270 logements sociaux, place de Catalogne. Son but ici était de réconcilier les Français avec l'architecture contemporaine, en mêlant dans un grand syncrétisme architecture classique française avec colonnes, pilastres et frontons, et matériaux contemporains. La place ronde, inspirée de l'architecture baroque, a effectivement une allure de monument classique. Ceci dit, tombe-t-on dans le pastiche ? Bofill veut cet ensemble "pleinement moderne" en intégrant certes des éléments du passé, mais en les utilisant "à contre-emploi"

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Voulant réconcilier le grand public avec l'architecture moderne, l'architecte Ricardo Bofill puise largement dans "la mémoire et l'inconscient collectifs" populaires, qu'il estime nourris de nostalgie pour l'architecture classique française. Ici, la place ronde est plutôt inspirée par l'architecture baroque italienne

   

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La place de Catalogne, d'inspiration baroque

La façade semi-circulaire relie et articule deux places intérieures arrondies que l'on gagne en franchissant l'arche centrale monumentale : à droite, la "place de l'amphithéâtre" s'ouvre sur le jardin public. A gauche sur la première photo, autour du jardin de la place de Séoul, l'architecte catalan décline les formes de l'art classique: les chapiteaux ne soutiennent rien, les colonnes de verre sont les bow-winows des appartements, la pierre de taille est du béton préfabriqué

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Les Bow-windows des bâtiments

Ainsi, l'architecte a voulu recréer un esprit classique au coeur de Paris:

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Volonté de  Bofill: retrouver l'esprit classique - Résultat: Une architecture plus aérée, sans fronton

Paris 13,ème, Quartier Masséna, ZAC Rive Gauche, 2002 (station BNF-François Mitterand)

En 2002, la société immobilière de Rotschild (Cogifrance) demande à Bofill, associé aux architectes Giraud et Hecly, de dessiner un projet d'immeuble d'habitat de 6000 m². Le résultat est le suivant: 62 appartements de très haut standing, au coeur du quartier Masséna, résolument moderne, et s'intégrant totalement au reste du quartier en construction. Bofill ne s'inspire plus du classicisme mais adopte un ton plus contemporain, rompant ainsi avec ses réalisations des années 70 et 80.

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Certains regretteront la perte d'un style particulier, mais aujourd'hui à Paris, on ne peut créer des bâtiments sortant de l'ordinaire. La volonté est ici de voir s'ériger des immeubles luxueux correspondant aux standings d'aujourd'hui, en s'associant à un architecte de renom, qui n'a certainement pas du avoir beaucoup son mot à dire dans cette réalisation. Cependant, on retrouve une certaine touche de Bofill, s'inspirant de ses dernières réalisation d'immeubles de bureaux: mélange de métal et de béton, jeu sur les formes des balcon, la villa au dernière étage...Bref, le but de cet immeuble était aussi de s'ntégrer au reste du quartier marqué par la forte présence de bureaux.

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11 novembre 2005

Bureaux Parisiens de Bofill

PARIS 1er

Place du marché Saint-Honoré (1997) - métro Opéra (fermé à partir de 22h00)

C'est ici que s'élevait voilà deux cents ans le couvent des Jacobins devenu club révolutionnaire en 1789. Au 19è siècle, marche_bolfill_22quatre pavillons de style "Baltard" furent édifiés pour accueillir un marché, qui donna son nom à la place. En 1955 ils furent remplacés par un parking massif et laid. A la fin de la concession du parking, la mairie de Paris confia un nouveau projet à Ricardo Bofill. L'architecte catalan a achevé en 1997 la construction de st_honor_bureaux pour la banque Paribas. Renouant avec la tradition du 19è siècle des passages couverts bordés de boutiques, Bofill a édifié une grande halle vitrée, "fluide et transparente" en hommage à Baltard. Se terminant par un fronton triangulaire, elle est couverte par un chapiteau transparent qui évoque le marché. Les colonnes classiques propres à l'architecte sont ici discrètes, présentes seulement comme un rappel de sa signature. Aujourd'hui place_du_march_1cet immeuble accueille des sociétés telles que BNP Paribas ou Audi. Le Rez-de-Chausseé accueille des commerces, et fonctionne comme une galerie marchande couverte.

PARIS 7ème

Bureaux Gan, 154 rue de l'unversité (1993)paris_7__bureaux_gan2 - Station RER C Invalides

  Rue de l'université, les bureaux de la société Gan ont une architecture assz novatrice: La façade est entièrement vitrée, ce qui pour l'époque (1993) est encore très rare pour Bofill (le béton est encore très présent en façade). Cependant les grandes caractérisitiques architecturales de Bofill sont présentes: les colonnes des étages en béton sont visibles de l'exterieur,  deux colonnes soutiennent l'immeuble en rez-de-chaussée. Bofill joue avec les effets du verre (rôle de miroir). Le fait qu'il soit constitué d'une seule pièce amplifie cet effet. Cette réalisation arrive juste après celle du siège social des Parfum Chistian Dior, dans le 8ème. (Voir ci-dessous)

PARIS 8ème

Siège de Rochas (1987)paris_8__rochas1 - Métro Roosevelt

Le 8ème arrondissement accueille de très nombreuses réalisations de bureaux déssinés par Bofill. Sa première réalisation se trouve rue François 1er, pour le compte d'une société de cosmétiques (Rochas), en 1987. L'objectif était de créer un siège social qui représente le luxe, l'image de la société. Cette première création sera un succès. L'architecture est ici néo-classique: l'architecture est plus traditionnelle: la présence de béton clair permet de s'accorder avec l'architecture des immeubles mitoyens. L'immeuble devait aussi accueillir une boutique en rez-de-chaussée, une boutique qui devait s'accorder avec les niveaux supérieurs accueillant les bureaux de la société. Pari réussi donc, et désormais Bofill sera une référence pour la construction d'immeubles de bureaux, et plus particulièrement pour des sociétés de luxe. Avec cette réalisation Bofill passe des logements sociaux aux bureaux d'entreprises de luxe!

Siège Social Parfums Christian Dior, 33 avenue Hoche - Station Charles de Gaulle-Etoile

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Après la réalisation du siège de Rochas, de nombreuses entreprises feront appel à lui pour la réalisation de leur siège dans le 8ème: En 1992, il réalise les bureaux des Parfums Christian Dior. Cette architecture ressemble à s'y méprendre à celle des bureaux Gan réalisés l'année suivante dans le 7ème: On retrouve les colonnes en rez-de-chaussée, une façade entièrement vitrée. Cependant, Bofill y apporte une nuance, en jouant sur la forme des vitres.

Sièges sociaux AXA - Métro Miromesnil

Bâtiment Matignon (1998)

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En 1998, Bofill réalise ce premier immeuble pour le compte d'Axa. On retrouve la devanture vitrée, mais l'architecure intérieure a ici changé. Le verre  ne porte plus la façade de l'immeuble, mais devient ici un masque pour jes bureaux qui se trouve à l'intérieur de cette façade artificielle. Paradoxalement cette facade permet que l'immeuble s'accorde avec les immeubles mitoyens qui présentent une architecture haussmanienne classique.

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Bâtiment Rabelais (2000)

Deuxième immeuble du siège d'Axa se situant  6 rue Rabelais, réalisé en 2000, il présente la même architecture que le bâtiment Matignon, mais concerne une surface beaucoup plus importante. Les vitres toujours en surface, entoure entièrement les bureaux, que ce soit en facade ou sur le toit. Enfin, les immeubles mitoyens ne sont pas haussmaniens. Ils ont été réalisés durant les année 90. Ainsi, Bofill a voulu des immeubles qui s'accorde avec tous type d'architecture.

Siège Social Cartier, Cité du Retiro, 37 rue Boissy-d'Anglas - Métro Madeleine

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En 2002, Unibail demande à Bofill de réaliser un immeuble de bureaux, situé dans la cité du Retiro. Cet immeuble d'une facture beaucoup plus classique que ces précédentes créations développe une surface de 21000m². Ilparis_8__bureaux_cartier1 s'agit des bureaux les plus chers de Paris. Aujourd'hui, Cartier International occupe la totalité de la surface. L'impacce que forme la cité du Retiro a permis à Bofill de jouer sur les formes du bâtiment: En effet, l'immeuble entoure entièrement l'impasse. Le béton n'est pas totalemet absent: il entoure les entrées de l'immeuble en façade permettant une meilleure intégration au reste de la rue.

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06 novembre 2005

Les Arcades du Lac (1976) et Les Templettes (1984), Saint-Quentin-en-Yvelines

plan_arcades23Les villes nouvelles franciliennes ont été des lieux privilégiés pour accueillir les créations de Ricardo Bofill et de son équipe : Le premier que nous allons évoquer est un quartier au site particulier car à cheval sur deux communes de Saint-Quentin-en-Yvelines : Montigny-le-Bretonneux et Voisins-le-Bretonneux. Voici ci-dessus le plan de situation du quartier. En fait, Bofill  matérialise cette limite communale par la création d’un bassin de 4 ha "le bassin de la Sourderie". Atour de ce bassin, Bofill crée deux quartiers biens distincts, le premier à Montigny, Les Arcades du Lac (1976), et le deuxième à Voisins, Les Templettes (1984).

Pour Ricardo Bofill cet ensemble devait « rompre avec les grands ensembles devenus avec le temps des aberrations impopulaires ». Il fallait « revenir à des choses simples. Il s’agit ici de relier les deux villages entre eux, de créer des itinéraires, des espaces publics, et des pôles de commerces et d’animation ». Le Bassin doit servir de lien entre ces deux quartiers. Mais celui-ci d’une surface trop importante, aura eu un effet plus séparatif qu'unificateur.

Les Arcades du Lac :

Ce quartier de style andalou ce compose en deux parties : L'une s'organise autour de la place d'Andalousie, et l’autre à cheval sur le Bassin, « l’Aqueduc »qd00010281

La Place d'Andalousie est surplombée d’un temple (élément que l’on retrouve dans la plupart des réalisations de Bofill),  et tout un quartier s’organise autour de lui, avec de petites ruelles, et des jardins intérieurs. L’originalité de ce quartier tient aux formes architecturales, aux couleurs ocres qui crée une ambiance particulière, avec cette volonté toujours aussi importante de formes géométriques et symétriques.

Ce quartier, voulu par l'EPA de la Ville Nouvelle en 1969 créé l’unanimité des élus locaux contre lui. A l’origine, pas moins de 1000 logements sont prévus, et le parti de l’architecture ne trouva pas d’écho auprès des habitants. En 1970, le maire de Montigny démissionna même, pour protester contre ce projet pharaonique, ne s’accordant pas du tout avec le reste de la ville qui se construisait à l’époque.

Les ambitions du quartier sont donc revus à la baisse : de 1000 appartements prévus, on passe à 350.

Le quartier est construit sur une gigantesque dalle, sous laquelle des parkings souterrains ont été aménagés. En effet, la voiture est bannie du quartier, et cette dalle qui surélève le quartier par rapport à l’environnement immédiat renforce encore plus ce sentiment d’un quartier ne s’accordant pas avec son environnement immédiat

Les couleurs sombres, ocres, donnent un sentiment étrange au passant. Le quartier parait distant, on ne rencontre que de rares personnes, et les volets sont souvent fermés…

qd00010041On se perd facilement dans ce quartier, d’une part par l’étroitesse des rues, mais aussi par une même composition urbaine sur tout le quartier, aucun immeuble ne se distingue d’un autre.qd00010021 Les jardins intérieurs offrent pour chacun d’entre eux des formes paysagères différentes : jardins à la française, à l’anglaise, lieu de détente…Bref, toute une série de séquences qui permettent de rompre la monotonie des lieux. Une fois sorti de ces petites ruelles, l’horizon fait place à un grand jardin ouvert d’un coté (avec la présence de chaises longues, de chemins, de petits lacs…) et d’un bassin qui donne une impression d’infini…qd00010101

L’aqueduc est le deuxième élément de ce quartier situé à l’ouest du Bassin. A cheval sur celui-ci,  il permet au résidants d’habiter un immeuble qui à "les pieds dans l’eau". Un seul passage permet d’arriver à son appartement, et la encore, une impression de vide, avec un écho assourdissant, le souffle du vent amplifié par l’étroitesse du passage renforce cette impression de solitude. Au bout de ce passage, une place ronde destinée à accueillir des repas de quartiers, des rassemblements d'habitants, permet d’avoir une vue imprenable sur le bassin.

L’objectif du quartier est aussi de créer une mixité sociale : à la construction, 33% des logements sont en accession à la propriété, 33% en accession sociale, 33% sont des logements sociaux, disséminés dans chacun des bâtiments. Mais l’objectif premier était de créer un quartier rassembleur, où les gens pourraient discuter dans la rue, et ceci est un échec. Cependant aujourd’hui il est l’un des quartiers les plus emblématiques de la ville nouvelle, le musée de la ville organisant des visites régulières pour les touristes versaillais. L’une des seules animations qui existent dans ce quartier.

Les Templettes

qd00010141Construites en 1984, et toujours conçu par Bofill, Les Templettes de l’autre coté du bassin, sur la commune de Voisins-le-Bretoneux renoue avec le style néo-classique. En effet, nous sommes situés à 5 kilomètres du Château de Versailles. Bofill veut en effet créer « le Versailles du     Peuple » : ce quartier composé d’une centaine de logements sociaux se distingue par l’originalité de ces formes architecturales : Il suit le contour du bassin donnant une forme en arc de cercle; il est surplombé au centre par un petit immeuble au centre de l'arc. La forme permet aussi de jouer avec l’eau : reflets du bâtiment dans l’eau, reflet de l’eau sur les fenêtres. Ces logements semi-collectifs donnent un autre image du logement social : Bofill s’appliquait autant dans l’architecture des logements sociaux que dans l’architecture des bâtiments destinés à de l’habitat en accession. Les Templettes permettent en tout cas d’achever l’ensemble du quartier, 8 ans près la réalisation des Arcades du Lac.

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05 novembre 2005

Walden 7, Barcelone (1974)

walden_74Walden 7, immeuble de 446 logements sociaux et construit en 1974, est l'une des réalisations les plus emblématiques de Ricardo Bofill.

Ce projet de "Ville dans l'Espace" est à l'origine prévu à Madrid, mais cette création très contestée trouvera en fin de compte sa place sur une friche industrielle dans la périphérie de Barcelone, en lieu et place d'une ancienne usine de fabrication de ciment. images213

Bofill doit alors faire avec les moyens du bord. En effet, il bénéficie d'un budget très limité, bien en deçà de ce qu'on donnait à l'époque pour la réalisation de logements sociaux dans cette ville.

Bofill a voulu que Walden 7 se dresse comme un monument et un repère pour la ville. Il a voulu créer un point de référence qui s'élève bien plus haut que tous les autres édifices de Barcelone.

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Bofill a conçu cet immeuble comme un labyrinthe vertical, composé de 7 cours intérieures accessibles depuis tous les appartements, qu'ils soient en rez-de-chaussée ou au dernier étage.

barcelonewalden7bo5Cette réalisation se distingue aussi par la configuration des appartements. Elle est composée de centaines de modules de forme carrée, d'une surface unique de 30m², créant des appartements de tailles et de formes différentes. Ainsi, un studio sera constitué d'un seul module alors que les plus grands appartements en compteront 4, sur un ou deux niveaux.

Au delà d'un simple immeuble de logements, Bofill a voulu recréer un véritable "village à la verticale". Ainsi, l'immeuble comporte de nombreuses salles de réunions, où les résidants peuvent discuter, des salles de jeux pour les enfants, mais aussi des bars et magasins dans les étages inférieurs, et deux piscines sur les terrasses.

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RicardoBio

rb03_20copy3Ricardo Bofill naît en 1939 à Barcelone. Il fera des études à l'Ecole d'Architecture de Barcelone puis de Genève. Il crée en 1963 "El Taller de Arquitectura", un groupe composé de 38 architectes, ingénieurs, sociologues, philosophes, venus de tous les pays du monde. Avec son équipe, il créa de très nombreux projets: aéroports, équipements publics, centres commerciaux, buildings, mais il s'occupe aussi de l'architecture intérieure, et conçoit même du mobilier (comme ikéa!).

Nombre de pays ont fait l'objet de ces projets urbains: Espagne, Luxembourg, France, Japon et Chine.

"El Taller de Arquitectura" s'est surtout spécialisé dans la construction de logements dans des projets qui ne laissent jamais indifférent. Ainsi, Bofill a conçu en tout 2000 logements en France, 1500 en Espagne, 400 en Suède, 350 en Hollande...(source: ricardobofill.com)

Bofill a toujours voulu donner une dimension symbolique à ses créations.

Beaucoup d'entre elles sont situées à Paris en Région Parisienne. Ce blog a donc pour ambition de vous faire découvrir toutes les créations d'un des architectes les plus contestés du monde...

264 Bofill lors d'une émission sur NBC, fin des années 80. 

prod_propias3_187 Bofill dans l'équivalent des Guignols de l'info en Espagne :o)

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