plan_arcades23Les villes nouvelles franciliennes ont été des lieux privilégiés pour accueillir les créations de Ricardo Bofill et de son équipe : Le premier que nous allons évoquer est un quartier au site particulier car à cheval sur deux communes de Saint-Quentin-en-Yvelines : Montigny-le-Bretonneux et Voisins-le-Bretonneux. Voici ci-dessus le plan de situation du quartier. En fait, Bofill  matérialise cette limite communale par la création d’un bassin de 4 ha "le bassin de la Sourderie". Atour de ce bassin, Bofill crée deux quartiers biens distincts, le premier à Montigny, Les Arcades du Lac (1976), et le deuxième à Voisins, Les Templettes (1984).

Pour Ricardo Bofill cet ensemble devait « rompre avec les grands ensembles devenus avec le temps des aberrations impopulaires ». Il fallait « revenir à des choses simples. Il s’agit ici de relier les deux villages entre eux, de créer des itinéraires, des espaces publics, et des pôles de commerces et d’animation ». Le Bassin doit servir de lien entre ces deux quartiers. Mais celui-ci d’une surface trop importante, aura eu un effet plus séparatif qu'unificateur.

Les Arcades du Lac :

Ce quartier de style andalou ce compose en deux parties : L'une s'organise autour de la place d'Andalousie, et l’autre à cheval sur le Bassin, « l’Aqueduc »qd00010281

La Place d'Andalousie est surplombée d’un temple (élément que l’on retrouve dans la plupart des réalisations de Bofill),  et tout un quartier s’organise autour de lui, avec de petites ruelles, et des jardins intérieurs. L’originalité de ce quartier tient aux formes architecturales, aux couleurs ocres qui crée une ambiance particulière, avec cette volonté toujours aussi importante de formes géométriques et symétriques.

Ce quartier, voulu par l'EPA de la Ville Nouvelle en 1969 créé l’unanimité des élus locaux contre lui. A l’origine, pas moins de 1000 logements sont prévus, et le parti de l’architecture ne trouva pas d’écho auprès des habitants. En 1970, le maire de Montigny démissionna même, pour protester contre ce projet pharaonique, ne s’accordant pas du tout avec le reste de la ville qui se construisait à l’époque.

Les ambitions du quartier sont donc revus à la baisse : de 1000 appartements prévus, on passe à 350.

Le quartier est construit sur une gigantesque dalle, sous laquelle des parkings souterrains ont été aménagés. En effet, la voiture est bannie du quartier, et cette dalle qui surélève le quartier par rapport à l’environnement immédiat renforce encore plus ce sentiment d’un quartier ne s’accordant pas avec son environnement immédiat

Les couleurs sombres, ocres, donnent un sentiment étrange au passant. Le quartier parait distant, on ne rencontre que de rares personnes, et les volets sont souvent fermés…

qd00010041On se perd facilement dans ce quartier, d’une part par l’étroitesse des rues, mais aussi par une même composition urbaine sur tout le quartier, aucun immeuble ne se distingue d’un autre.qd00010021 Les jardins intérieurs offrent pour chacun d’entre eux des formes paysagères différentes : jardins à la française, à l’anglaise, lieu de détente…Bref, toute une série de séquences qui permettent de rompre la monotonie des lieux. Une fois sorti de ces petites ruelles, l’horizon fait place à un grand jardin ouvert d’un coté (avec la présence de chaises longues, de chemins, de petits lacs…) et d’un bassin qui donne une impression d’infini…qd00010101

L’aqueduc est le deuxième élément de ce quartier situé à l’ouest du Bassin. A cheval sur celui-ci,  il permet au résidants d’habiter un immeuble qui à "les pieds dans l’eau". Un seul passage permet d’arriver à son appartement, et la encore, une impression de vide, avec un écho assourdissant, le souffle du vent amplifié par l’étroitesse du passage renforce cette impression de solitude. Au bout de ce passage, une place ronde destinée à accueillir des repas de quartiers, des rassemblements d'habitants, permet d’avoir une vue imprenable sur le bassin.

L’objectif du quartier est aussi de créer une mixité sociale : à la construction, 33% des logements sont en accession à la propriété, 33% en accession sociale, 33% sont des logements sociaux, disséminés dans chacun des bâtiments. Mais l’objectif premier était de créer un quartier rassembleur, où les gens pourraient discuter dans la rue, et ceci est un échec. Cependant aujourd’hui il est l’un des quartiers les plus emblématiques de la ville nouvelle, le musée de la ville organisant des visites régulières pour les touristes versaillais. L’une des seules animations qui existent dans ce quartier.

Les Templettes

qd00010141Construites en 1984, et toujours conçu par Bofill, Les Templettes de l’autre coté du bassin, sur la commune de Voisins-le-Bretoneux renoue avec le style néo-classique. En effet, nous sommes situés à 5 kilomètres du Château de Versailles. Bofill veut en effet créer « le Versailles du     Peuple » : ce quartier composé d’une centaine de logements sociaux se distingue par l’originalité de ces formes architecturales : Il suit le contour du bassin donnant une forme en arc de cercle; il est surplombé au centre par un petit immeuble au centre de l'arc. La forme permet aussi de jouer avec l’eau : reflets du bâtiment dans l’eau, reflet de l’eau sur les fenêtres. Ces logements semi-collectifs donnent un autre image du logement social : Bofill s’appliquait autant dans l’architecture des logements sociaux que dans l’architecture des bâtiments destinés à de l’habitat en accession. Les Templettes permettent en tout cas d’achever l’ensemble du quartier, 8 ans près la réalisation des Arcades du Lac.

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